Du Loup et de la Truie. La Truie étant prête de mettre bas ses Cochons, fut visitée par le Loup, qui lui offrit de la servir et de la soulager dans le travail où elle était, et d'avoir un soin tout particulier de sa portée. La Truie alarmée de la présence d'un ennemi si redoutable, lui répondit qu'elle le remerciait de ses offres, qu'elle n'avait nullement besoin de son ministère, et que le plus grand service qu'il pouvait lui rendre était de s'éloigner d'elle le plus promptement qu'il pourrait, et de la laisser en repos, elle et ses petits. -------------------------------------------------------------------------------- De l'accouchement d'une Montagne. Il courut autrefois un bruit, qu'une Montagne devait enfanter. En effet elle poussait des cris épouvantables, qui semblaient menacer le monde de quelque grand prodige. Tout le Peuple étonné de ce bruit, se rendit en foule au pied de la Montagne, pour voir à quoi aboutirait tout ce fracas. On se préparait déjà à voir sortir un Monstre horrible des entrailles de la Montagne ; mais après avoir longtemps attendu avec une grande impatience, on vit enfin sortir un Rat de son sein. Ce spectacle excita la risée de tous les assistants. --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope D'un vieux Chien et de son Maître. Un Chasseur poursuivant un Cerf, encourageait son Chien à courir avec plus de vitesse ; mais ce Chien appesanti par la vieillesse, n'avait plus la même légèreté qu'il avait eue autrefois. Son Maître, bien éloigné de le caresser, le chargeait de coups de bâton. Ce mauvais traitement obligea le Chien à se plaindre de son Maître, et à lui remontrer qu'il lui avait toujours rendu tous les services qu'il avait pu durant ses jeunes années, et que s'il lui en rendait moins alors, ce n'était pas qu'il manquât d'affection pour lui, mais parce que la vieillesse l'en empêchait. Le Chien lui représenta encore qu'il devait le traiter avec plus de douceur, afin qu'on crut dans le monde qu'il lui tenait compte de ses services passés, en un temps où il était hors d'état de le servir avec la même ardeur. -------------------------------------------------------------------------------- Le Bruit des Arbres battus d'un vent impétueux. Le bruit des Arbres battus d'un vent impétueux épouvanta tellement les Lièvres, qu'ils se mirent tous à fuir avec vitesse, sans savoir où ils allaient dans leur fuite. Ils trouvèrent un Marais qui les empêcha de passer outre. Les Grenouilles saisies de crainte s'y précipitèrent incontinent pour se cacher. Au moment que la peur allait faire jeter les Lièvres dans l'Étang, l'un des plus vieux de la troupe les arrêta, en leur représentant qu'ils avaient pris l'alarme mal à propos, à cause du bruit du vent et des feuilles. " Nous ne sommes pas les seuls qui craignions, continua-t-il, puisque nous avons fait peur aux Grenouilles. " --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope D'un Chevreau et d'un Loup. Une Chèvre sortit de son étable pour aller paître, recommandant très expressément à son Chevreau de n'ouvrir la porte à personne durant son absence. À peine était-elle sortie, qu'un Loup vint heurter à la porte de l'étable, contrefaisant la voix de la Chèvre, et il commanda au Chevreau de lui ouvrir. Cet animal profitant des leçons de sa mère, regarda par une ouverture, et reconnut le Loup. " Je n'ouvrirai point, lui répliqua-t-il ; car quoique tu contrefasses la voix d'une Chèvre, je vois bien à ta figure que tu es un Loup, et que tu ne cherches qu'à me dévorer. " -------------------------------------------------------------------------------- Du Chien et de la Brebis. Le Chien fit un jour assigner la Brebis devant deux Aigles, pour la faire condamner à lui payer un pain qu'il disait lui avoir prêté. Elle nia la dette. On obligea le Chien à présenter des témoins. Il suborna le Loup, qui déposa que la Brebis devait le pain. Elle fut condamnée, sur ce faux témoignage, à payer ce qu'elle ne devait pas. Quelques jours après, elle vit des Chiens qui étranglaient le Loup. Cette vue la consola de l'injustice qu'on lui avait faite. " Voilà, s'écria-t-elle, la récompense que méritent de tels calomniateurs. " --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope Du Laboureur et du Serpent. Un Paysan se mit un jour en colère contre un Serpent qu'il nourrissait, et prenant à la main un bâton, il se mit à le poursuivre. Le Serpent, après avoir reçu quelques blessures, s'échappa. Depuis cette aventure, le Laboureur tomba dans une extrême pauvreté, et crut que les mauvais traitements qu'il avait faits au Serpent étaient la cause de son malheur. Il alla le chercher, en le priant de revenir dans sa maison. Le Serpent s'en excusa, et lui dit qu'il ne pouvait s'y résoudre, ne croyant pas pouvoir vivre en sûreté avec un homme si incommode. " Quoique mes plaies soient guéries, ajouta-t-il, le souvenir de tes cruautés ne peut s'effacer de ma mémoire. " -------------------------------------------------------------------------------- Du Renard et de la Cigogne. Un Renard plein de finesse pria à souper une Cigogne à qui il servit de la bouillie sur une assiette. La Cigogne ne fit pas semblant de se fâcher du tour que lui jouait le Renard. Peu de temps après, elle le pria à dîner ; il y vint au jour marqué, ne se souvenant plus de sa supercherie, et ne se doutant point de la vengeance que méditait la Cigogne. Elle lui servit un hachis de viandes qu'elle renferma dans une bouteille. Le Renard n'y pouvait atteindre, et il avait la douleur de voir la Cigogne manger toute seule. Elle lui dit alors avec un rire moqueur : " Tu ne peux pas te plaindre de moi raisonnablement, puisque j'ai suivi ton exemple, et que je t'ai traité comme tu m'as traitée. " --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope Du Loup et de la Tête. Un Loup étant entré dans la boutique d'un Sculpteur, y trouva une tête de relief fort bien travaillée. Il la tourna de tous côtés et la contempla à loisir, sans qu'elle proférât une parole. " Oh la belle tête ! s'écria-t-il ; que cet ouvrage est admirable ! C'est grand dommage qu'elle n'ait point de cervelle, et qu'elle ne puisse donner aucun signe de vie. " -------------------------------------------------------------------------------- Du Geai paré de plumes de Paon. Un Geai plein de vanité se para avec des plumes de Paon qu'il avait ramassées. Cet ornement emprunté lui causa tant d'orgueil, qu'il en conçut du mépris pour les autres Geais. Il les quitta et se mêla fièrement parmi une troupe de Paons, qui reconnaissant sa supercherie, le dépouillèrent sur-le-champ de ses plumes postiches. Cet animal tout honteux après cette disgrâce, voulut retourner avec les Geais ; mais ils le rebutèrent violemment, et lui donnèrent tant de coups de bec, qu'ils lui arrachèrent toutes ses plumes empruntées ; de sorte qu'il se vit méprisé des autres Oiseaux, et même de ceux de son espèce. --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope De la Mouche et du Chariot. Une Mouche s'étant arrêtée sur un Chariot qui courait dans la lice, où les chevaux et l'agitation des roues élevaient une grande poussière : " Quelle nuée de poudre je fais élever, s'écria-t-elle en s'applaudissant ! " -------------------------------------------------------------------------------- De la Fourmi et de la Mouche. La Fourmi eut un jour querelle avec la Mouche, qui se vantait de voler comme les oiseaux, d'habiter dans les Palais des Princes, de faire toujours grande chère, sans qu'il lui en coûtât aucune peine. Elle reprochait à la Fourmi la bassesse de sa naissance, et qu'elle rampait toujours à terre pour chercher de quoi vivre avec beaucoup de travail et d'assiduité ; qu'elle était réduite à ronger quelques grains, à boire de l'eau, à habiter les cavernes. La Fourmi répondait à tous ces reproches qu'elle était contente de son sort ; qu'une demeure sûre et arrêtée lui plaisait mieux qu'une vie errante et vagabonde ; que l'eau des fontaines et les grains de blé lui paraissaient d'un goût exquis, parce que c'étaient des fruits de son travail : au lieu que la Mouche se rendait incommode à tout le monde, et méprisable par sa fainéantise. --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope D'un Singe et d'un Renard. Dans une Assemblée générale des Animaux, le Singe sauta avec tant de légèreté et tant d'adresse, qu'ils l'élurent pour leur Roi, avec l'approbation de toute l'Assemblée. Le Renard, qui ne put regarder son élévation sans envie, ayant aperçu dans une fosse de la viande cachée sous des filets, mena le Singe sur le bord de la fosse, lui disant qu'il avait rencontré un trésor, et que c'était au Roi à s'en saisir, parce que la Loi le lui attribuait. Le Renard exhorta donc le Singe à s'emparer promptement de ce trésor. Le Singe étant entré inconsidérément dans la fosse, fut attrapé au piège qu'il n'avait pas aperçu. Se voyant pris de la sorte, il reprocha au Renard sa perfidie. " Monsieur le Singe, lui répliqua le Renard, puisque vous êtes si peu avisé, comment prétendez-vous avoir l'empire sur tous les autres Animaux ? " -------------------------------------------------------------------------------- De la Grenouille et du Boeuf. La Grenouille ayant un jour aperçu un Boeuf qui paissait dans une prairie, se flatta de pouvoir devenir aussi grosse que cet animal. Elle fit donc de grands efforts pour enfler les rides de son corps, et demanda à ses compagnes si sa taille commençait à approcher de celle du Boeuf. Elles lui répondirent que non. Elle fit donc de nouveaux efforts pour s'enfler toujours de plus en plus, et demanda encore une autre fois aux Grenouilles si elle égalait à peu près la grosseur du Boeuf. Elles lui firent la même réponse que la première fois. La Grenouille ne changea pas pour cela de dessein ; mais la violence qu'elle se fit pour s'enfler fut si grande, qu'elle en creva sur-le-champ. --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope Du Cheval et du Lion. Un vieux Lion ne pouvant plus chasser avec la même vitesse et le même succès, eut envie de manger un Cheval qu'il trouva en son chemin. Il s'avisa de contrefaire le Médecin, et de lui demander des nouvelles de sa santé. Le Cheval qui comprit à peu près la mauvaise intention du Lion, lui répondit qu'il ne se portait pas trop bien, et que depuis peu il s'était mis une épine au pied, dont il se sentait fort incommodé. Le Lion s'offrit sur-le-champ à la lui tirer. Le Cheval accepta l'offre et se mit en posture. Quand le Lion se fut approché pour tirer l'épine, le Cheval allongeant le pied frappa rudement le Lion au milieu du front, et se mit à fuir de toute sa force, laissant le Lion dans un état pitoyable et désespéré d'avoir manqué son coup. -------------------------------------------------------------------------------- Le Combat des Oiseaux et des Animaux terrestres. Les Oiseaux et les Animaux terrestres se déclarèrent la guerre pour la prééminence, et pour défendre l'honneur de leur espèce. Pour décider leur grande querelle, ils se donnèrent bataille. La victoire balança longtemps sans se déclarer et sans prendre parti. La Chauve-Souris, qui se persuada que les Oiseaux allaient être vaincus, se rangea du côté des Animaux terrestres. Sa prévoyance fut trompée ; les Oiseaux remportèrent une victoire complète sur leurs ennemis, contre l'attente de la Chauve-Souris qui fut chassée de la compagnie des Oiseaux. Elle eut tant de honte et de douleur de son infortune, que depuis ce temps-là elle n'ose plus voler en plein jour, et ne se montre que la nuit. --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope De l'Épervier et de la Colombe. L'Épervier en poursuivant une Colombe, tomba imprudemment dans les filets qu'un Paysan avait tendus. Se voyant pris de la sorte, il employa toute son éloquence pour persuader au Paysan de lui rendre la liberté. Entre les raisons qu'il lui allégua pour le toucher, il lui dit qu'il ne lui avait jamais fait de tort. " Cela peut être, lui répliqua le Paysan ; mais la Colombe que tu poursuivais maintenant avec tant d'ardeur, dans l'intention de la dévorer, ne t'avait aussi jamais offensé. " -------------------------------------------------------------------------------- D'un Loup et d'un Renard. Le Loup avait ramassé dans sa tanière de grandes provisions, pour y subsister assez longtemps, sans être obligé d'en sortir. Le Renard eut envie d'en avoir sa part. Il vint rendre visite au Loup et lui demander des nouvelles de sa santé. Le Loup se défiant des finesses du Renard, et craignant qu'il ne voulût lui jouer quelque mauvais tour, feignit de se trouver mal, disant que son indisposition ne lui permettait pas de sortir de sa tanière, et que c'était pour se remettre qu'il se tenait en repos. Il le pria d'aller demander aux Dieux le retour de sa santé. Le Renard mal satisfait de cette réponse, et du procédé du Loup qui rompait toutes ses mesures, alla trouver un Berger, lui exposa l'état où le Loup se trouvait, et lui conseilla de venir promptement en sa tanière, où il lui serait fort aisé de le tuer, parce qu'il ne se tenait pas sur ses gardes. Le Berger persuadé par le conseil du Renard, vint attaquer le Loup, et le tua sans une grande résistance. Cette mort mit le Renard en possession de la tanière et de toutes les provisions du Loup ; mais il n'en jouit pas longtemps : le Chien du Berger survint, qui prit le Renard, et l'étrangla sur-le-champ. --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope De l'Âne et du Cheval. Un Cheval richement paré, rencontra dans son chemin un pauvre Âne qui gémissait sous le poids de sa charge. Le Cheval, que son riche harnais rendait insolent, remplissait l'air de hennissements, et criait à l'Âne de se retirer et de lui faire place. L'Âne saisi de frayeur, se rangea promptement sans répliquer. Le Cheval allait à la guerre ; il en revint si harassé et si usé, que son maître le voyant hors d'état de lui rendre aucun service, le vendit à un Paysan qui le mit à un chariot pour porter du fumier. L'Âne le rencontra au bout de quelque temps, et lui demanda, tout étonné d'un changement si étrange, ce qu'il avait fait de son beau harnais, de sa riche housse, de son mors doré, qui le rendaient si fier et si superbe, et qui lui inspiraient tant de mépris pour ceux qui ne voudraient maintenant faire aucune comparaison avec lui. -------------------------------------------------------------------------------- D'un Cerf et d'un Chasseur. Un Cerf se regardant dans une fontaine, fut charmé de la beauté de son bois ; mais ses jambes grêles et déliées ne lui plurent nullement. Pendant qu'il se contemplait et qu'il raisonnait en lui-même, un Chasseur survint tout à coup, accompagné de Chiens, en sonnant du Cor. Ce bruit obligea le Cerf à prendre promptement la fuite. Il devança les Chiens de bien loin en rase campagne, à la faveur de la légèreté de ses jambes. Mais le Chasseur le poursuivant toujours, le Cerf se cacha dans une forêt où ses cornes demeurèrent embarrassées aux branches des arbres. Alors il reconnut son erreur, et il comprit combien ses jambes déliées et souples lui étaient utiles pour le délivrer de ceux qui le poursuivaient ; et combien son bois, dont il avait tant admiré la beauté, lui était funeste, puisqu'il était la cause de sa mort. --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope Du Serpent et de la Lime. Un Serpent s'étant enfermé dans la forge d'un Serrurier, voulut ronger tous ses outils. Il attaqua d'abord l'enclume ; mais ne la pouvant entamer, il la quitta pour s'attaquer à la Lime, croyant qu'il y trouverait mieux son compte, et qu'il en viendrait plus aisément à bout. La Lime lui dit en se moquant de ses vains efforts : " Sotte bête que tu es, quelle est ta folie ? Comment pourrais-tu me ronger avec tes dents, moi qui ronge le fer, et qui peux mettre en poudre l'enclume que tu n'as pu seulement entamer ? " -------------------------------------------------------------------------------- Des Loups et des Brebis. Les Loups et les Brebis, après une longue et sanglante guerre, firent une espèce de trêve, dans laquelle ils convinrent de se donner des otages de part et d'autre. Les Brebis consentirent de livrer leurs Chiens. Les Loups donnèrent aux Brebis leurs Louveteaux, qui, étant devenus plus grands, se jetèrent sur les Brebis, et les dévorèrent sans résistance, parce qu'elles n'avaient plus leurs Chiens pour venir à leur secours. Les Loups de leur côté dévorèrent les Chiens qui ne se tenaient point sur leurs gardes, et qui vivaient en assurance sur la bonne foi du traité. --------------------------------------------------------------------------------
Sommaire Esope D'un Bûcheron et d'une Forêt. Un Bûcheron entrant dans une Forêt, lui demanda la permission de prendre du bois pour faire un manche à sa cognée. Elle y consentit ; mais peu de temps après, elle se repentit de sa complaisance car le Bûcheron se servit de sa cognée pour couper de grandes branches d'arbres, et pour dépouiller la Forêt de ses principaux ornements, sans qu'elle pût s'en défendre, parce qu'elle avait fourni des armes au Bûcheron contre elle-même.
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