Du Loup et du Chien.
Un Loup rencontra par hasard un Chien dans un bois, au commencement du jour. Il se mit à le caresser, et à lui demander de ses nouvelles il le questionna sur son embonpoint. Le Chien lui répondit que les bontés de son Maître, et les soins qu'il prenait de lui, l'avaient mis dans le bon état où il le voyait : " Car il me nourrit, ajouta-t-il, des mets de sa table, et des viandes dont il mange lui-même ; outre cela, je dors dans un lieu couvert, et tous ceux de la maison me font tout le bien qu'ils peuvent. " Ce discours inspira envie au Loup de s'attacher au Maître du Chien. " Que je serais heureux, lui dit-il, de servir un Maître si commode ! Si cela m'arrivait, je croirais que ma condition est préférable à celle de toutes les autres bêtes. " Le Chien s'offrit de le conduire à son Maître, et de le solliciter en sa faveur, pourvu qu'il se relâchât un peu de sa cruauté naturelle. Le Loup y consentit. Leurs conventions ainsi faites, ils se mirent en chemin : le jour était déjà grand. Le Loup voyant que le col du Chien était tout pelé lui en demanda la cause. " Cela n'est rien, répliqua le Chien ; pendant la nuit j'ai la liberté tout entière, et l'on me lâche, pour aboyer aux voleurs ; mais pendant le jour on me tient à l'attache, de peur que je ne morde ceux qui entrent dans la maison de mon Maître. " Ce discours ralentit l'ardeur du Loup ; il ne témoigna plus le même empressement pour aller trouver le Maître du Chien. " Adieu, lui dit-il, je ne veux pas acheter à si haut prix l'amitié de ton Maître ; j 'aime mieux jouir de ma liberté, que de faire bonne chère dans l'esclavage. "
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Du Ventre et des autres Membres.
La Main et le Pied voulurent autrefois faire un procès au Ventre, en lui reprochant qu'ils ne pouvaient suffire à le nourrir, sans qu'il y contribuât de son côté. Ils voulaient l'obliger à travailler comme les autres membres, s'il voulait être nourri. Il leur représenta plusieurs fois le besoin qu'il avait d'aliments. La Main le refusa, et ne voulut rien porter à la bouche pour le communiquer au Ventre, qui tomba en peu de temps en défaillance par cette soustraction d'aliments. Tous les autres membres devinrent faibles et atténués, par la disette où se trouva le Ventre. La Main reconnut alors son erreur, et voulut contribuer à l'ordinaire à nourrir le Ventre ; mais il n'était plus temps, il était trop affaibli pour faire ses fonctions, parce qu'il avait été trop longtemps vide ; il rejeta les viandes qu'on lui présenta : ainsi il périt mais toutes les parties du corps périrent avec le Ventre, et furent punies de leur révolte.
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope D'un Singe et d'un Renard.
Le Singe voulut un jour persuader au Renard de lui prêter une partie de sa queue, pour couvrir son derrière. Il dit au Renard que sa queue était trop longue, et qu'elle l'incommodait en marchant ; au lieu que le superflu ferait honneur au Singe, et lui serait d'un grand secours. Ces raisons ne persuadèrent point le Renard. Il dit au Singe, que sa queue ne l'incommodait nullement, et qu'il aimait mieux en balayer la terre, que d'en couvrir les fesses d'un Singe.
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Du Renard et des Raisins.
Un Renard ayant aperçu au haut d'un arbre quelques grappes de Raisins qui commençaient à mûrir, eut envie d'en manger, et fit tous ses efforts pour y atteindre ; mais voyant que sa peine était inutile, il dissimula son chagrin, et dit en se retirant qu'il ne voulait point manger de ces Raisins, parce qu'ils étaient encore trop verts et trop aigres.
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope De la Belette et du Renard.
Un Renard pressé de la faim, entra un jour dans une Grange par une ouverture fort étroite. Après avoir mangé tout son soûl, il voulut sortir par la même ouverture ; mais tous ses efforts furent inutiles, parce que la grosseur de son ventre l'en empêchait. La Belette qui l'aperçut de loin, et qui connut son embarras, accourut pour lui donner conseil, et pour le secourir. Après avoir examiné l'état où il se trouvait, elle lui dit qu'il devait attendre, pour sortir de la grange, qu'il fût aussi décharné et aussi maigre qu'il était avant que d'y entrer.
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Du Loup et des Chasseurs.
Un Loup vivement poursuivi par des Chasseurs, désespérait de pouvoir se sauver, tant il était fatigué d'avoir couru. Il rencontra par hasard un Bûcheron, et le pria de vouloir lui donner un asile dans sa cabane. Le Bûcheron y consentit, et le cacha dans un coin. Peu de temps après, les Chasseurs arrivèrent à la cabane et demandèrent au Bûcheron s'il ne savait point où le Loup s'était retiré. Il leur répondit que non ; mais il leur fit signe du doigt et de l'oeil, pour leur montrer l'endroit où le Loup était caché. Ils le cherchèrent sans pouvoir le trouver. Aussitôt qu'ils furent sortis de la cabane, le Loup se retira sans rien dire au Bûcheron, qui se plaignit de son incivilité, lui reprochant qu'il lui avait sauvé la vie, en lui donnant un asile dans sa cabane. " Il est vrai, repartit le Loup, et je ne m'en serais pas allé sans vous remercier de votre courtoisie, si votre main, vos yeux, vos actions, vos moeurs, eussent été conformes à votre vie. "
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope Du Paon et du Rossignol.
Le Paon se plaignit un jour à Junon, soeur et femme du Maître des Dieux, qu'il se rendait ridicule auprès des autres Oiseaux, par la rudesse et le désagrément de sa voix ; au lieu que le Rossignol les charmait tous par sa mélodie et par la douceur de son chant. " J'en conviens, lui répliqua Junon ; mais les Dieux l'ont ordonné de la sorte. Ils ont voulu que chaque Animal eût un talent particulier. Si le Rossignol vous surpasse par la douceur de sa voix, vous le surpassez par la beauté de votre plumage. La force est le partage de l'Aigle. Le Corbeau donne de bons augures. La Corneille est faite pour annoncer les malheurs. Il faut que chacun se contente de sa condition, et qu'il se soumette à la volonté des Dieux. "
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De l'Oiseleur et du Merle.
Un Oiseleur tendait des rets pour y prendre des Oiseaux. Le Merle qui l'aperçut de loin, lui demanda à quoi il s'occupait. " Je bâtis une Ville, lui répondit l'Oiseleur. " Après qu'il se fût retiré, le Merle eut la curiosité de venir voir cet ouvrage, se fiant à la parole et à la bonne foi de l'Oiseleur ; mais s'étant trop approché du filet, il y demeura pris. " Je vous proteste, dit-il à l'Oiseleur qui accourut promptement pour s'en saisir, que si vous bâtissez toujours de semblables villes, vous n'aurez guère d'habitants. "
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope Du Cerf et du Cheval.
Le Cheval qui n'avait point encore été dompté par le mors ni par la bride, se plaignait un jour à un Paysan d'un Cerf qui venait manger l'herbe dans un Pré où il paissait, et le pria de l'aider à en tirer vengeance. " Je le veux bien, dit le Paysan, à condition que vous ferez tout ce que je vous dirai. " Le Cheval y acquiesça. Alors le Paysan profitant de l'occasion, lui mit sur le dos une selle et un mors à la bouche. Il monta dessus, et poursuivit le Cerf avec tant d'ardeur, qu'il l'atteignit et le tua. Le Cheval hennissait de joie, se voyant si bien vengé, et ne craignant plus les insultes du Cerf. Mais le Paysan qui connut combien le Cheval lui pouvait être utile dans la suite, au lieu de le mettre en liberté, le conduisit chez lui, l'attacha à une charrue, et le fit servir à labourer la terre.
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De l'Âne et du Lion.
L'Âne paissait un jour dans la compagnie d'un Coq. Un Lion vint pour attaquer l'Âne. Le Coq chanta. On dit que le Lion a une horreur naturelle du chant de cet animal. Le Lion se mit à fuir. L'Âne, qui s'imagina follement que le Lion le redoutait, le poursuivit à toute outrance ; mais quand le Lion se vit assez éloigné pour ne plus craindre le chant du Coq, et pour ne le plus entendre il revint sur ses pas, se jeta sur l'Âne et le dévora. " Malheureux que je suis, s'écria-t-il, en se voyant aux derniers abois, de quoi me suis-je avisé de vouloir faire le vaillant, et pourquoi ai-je voulu m'exposer au combat, puisque je ne suis point né de parents guerriers ? "
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope D'un Vautour et des autres Oiseaux.
Un Vautour ayant manqué plusieurs Oiseaux de son voisinage, feignit qu'il avait envie de les traiter et de leur donner un grand repas, en signe d'une parfaite réconciliation. Les Oiseaux, trop faciles et trop crédules, trompés par ces belles apparences, ne manquèrent pas de se trouver en foule à la fête, se flattant d'être bien régalés, et que c'était une belle occasion de se réconcilier pour toujours avec un ennemi si dangereux, et qui leur faisait depuis longtemps une guerre si cruelle. Mais ils furent bien épouvantés quand ils virent qu'il se jetait sur eux, et qu'il les égorgeait impitoyablement les uns après les autres. Ils reconnurent à leurs dépens le peu de fond qu'il faut faire sur les belles paroles d'un ennemi.
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Du Lion et du Renard.
Le Lion affaibli par la vieillesse, ne pouvait plus prendre les autres animaux à la course. Il résolut de se servir d'artifice pour les surprendre et pour en faire curée. Il se retira dans le fond de sa caverne pour mieux exécuter ce dessein, et fit savoir partout qu'il était malade. Les autres animaux accoururent pour le visiter, mais il les étranglait et les dévorait à mesure qu'ils entraient dans sa caverne. Le Renard se douta de la ruse du Lion, et du mauvais tour qu'il avait joué à ceux qui étaient venus le visiter. Il se contenta donc de demander de loin au Lion, et sans entrer dans sa caverne, comment il se portait. " Je me porte fort mal, dit le Lion ; pourquoi n'entrez-vous pas, ajouta-t-il ? - C'est, lui répliqua le Renard, que je vois fort bien les vestiges de ceux qui sont entrés dans cette caverne, mais je n'aperçois point les traces de ceux qui en sont sortis. "
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope De l'Âne malade et des Loups.
L'Âne fut obligé de garder le lit pour quelque indisposition. Le bruit de sa maladie s'étant répandu, les Loups et les Chiens, croyant qu'il mourrait bientôt, accoururent pour le visiter. Il aperçurent l'Ânon au travers des fentes de la porte, et lui demandèrent des nouvelles de la santé de son père. " Il se porte beaucoup mieux que vous ne voudriez, leur répondit l'Ânon. "
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Du Chevreau et du Loup.
Le Chevreau étant assis sur une fenêtre assez élevée, vit passer un Loup, dont il se moqua longtemps, et l'accabla d'injures. Le Loup, sans s'émouvoir des paroles offensantes de cet animal : " Mon ami, lui dit-il, ce n'est point toi qui m'injuries ; tu n'aurais garde de me parler de la sorte, si tu ne te prévalais de l'avantage du lieu où tu te crois en sûreté. "
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De l'Homme et du Lion.
Un Homme et un Lion voyageaient ensemble, et disputaient, chemin faisant, sur les avantages de leur espèce. Au fort de la dispute, il aperçurent un bas-relief qui représentait Hercule étouffant un Lion. " Cette figure, dit l'Homme, en se tournant vers le Lion, peut t'apprendre que les Hommes sont plus forts que les Lions. - Votre raisonnement porte à faux, répliqua le Lion ; car si nous avions parmi nous des Lions Sculpteurs, on verrait beaucoup plus d'Hommes terrassés et étouffés par les Lions, que de Lions par les Hommes. " Cette raison ne convainquit point l'Homme, qui s'opiniâtra toujours de plus en plus à défendre son opinion. Le Lion fatigué de cette dispute, se jeta sur l'Homme et le mit en pièces. " Tu vois bien maintenant, lui dit-il, lequel est le plus fort de l'Homme ou du Lion. "
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope De la Puce et de l'Homme.
Un Homme se sentant piqué par une Puce, mit le doigt dessus et la prit. Elle lui dit pour s'excuser, que c'était sa manière de vivre, et que la nature lui avait donné ce talent ; qu'au reste elle ne faisait pas grand mal, et que ses morsures n'étaient nullement dangereuses. Elle pria l'Homme très instamment de la mettre en liberté, et de la laisser vivre, puisqu'il n'avait rien à appréhender d'elle. " Tu t'abuses, lui répondit-il en souriant, tu fais tout le mal que tu peux ; c'est pour cela qu'il faut que je te tue ; car il ne faut jamais offenser personne, ni faire à qui que ce soit aucun outrage, ni léger, ni considérable. "
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De la Fourmi et de la Cigale.
La Fourmi faisait sécher son froment qui avait contracté quelque humidité pendant l'hiver. La Cigale mourant de faim, lui demanda quelques grains pour subvenir à sa nécessité dans la disette où elle se trouvait. La Fourmi lui répondit durement qu'elle devait songer à amasser pendant l'été pour avoir de quoi vivre pendant l'hiver. " Je ne suis point oisive durant l'été, répliqua la Cigale, je passe tout ce temps-là à chanter. - Oh bien, repartit la Fourmi, puisque cela est ainsi, je vous conseille de danser maintenant ; vous méritez bien de mourir de faim. "
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope De la Brebis et de la Corneille.
La Corneille attachée sur le dos de la Brebis, la becquetait sans qu'elle pût s'en défendre ; mais se tournant vers son ennemie : " Si tu en faisais autant à quelque Chien, lui dit-elle, tu ne le ferais pas impunément. - Il est vrai, repartit la Corneille, avec un air moqueur ; mais je n'attaque pas plus fort que moi, et je sais bien de qui je me joue. "
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De l'Arbre et du Roseau.
Un Olivier et un Roseau disputaient ensemble sur leur force et sur leur fermeté. L'Olivier reprochait au Roseau sa fragilité, qui l'obligeait de plier au moindre vent. Le Roseau ne trouvant point de bonnes raisons pour lui répliquer, garda le silence ; mais ayant attendu quelque temps sans rien dire, un vent violent vint à souffler tout à coup. Le Roseau agité par le vent, plia, et n'en fut point incommodé ; mais l'Olivier ayant voulu résister à l'orage, fut emporté et déraciné par la violence du tourbillon. Alors le Roseau prenant son temps pour parler, dit à l'Olivier qui était par terre : " Tu vois bien qu'il est plus à propos de céder à un ennemi puissant, que de lui résister avec une témérité qui a toujours de mauvaises suites. "
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope Du Mulet et du Loup.
Le Mulet voyant un Loup venir à lui, et craignant d'être pris, feignit d'avoir une épine au pied et d'être fort tourmenté du mal que lui causait cette épine. " Hélas ! mon ami, dit-il en s'adressant au Loup, je ne puis résister à la violence de la douleur que je sens ; mais puisque mon malheur veut que je sois bientôt dévoré par les oiseaux de proie, je te prie, avant que je meure, de m'arracher cette épine que j'ai au pied, afin que j'expire plus doucement. " Le Loup consentit à lui rendre ce bon office, et se mit en posture. Alors le Mulet lui donna un si grand coup de pied, qu'il lui enfonça le crâne, lui cassa les dents, et se mit à fuir. Le Loup se voyant dans un état si pitoyable, ne s'en prenait qu'à lui-même. " Je le mérite bien, disait-il ; car de quoi est-ce que je me mêle ? Pourquoi ai-je voulu m'ingérer mal à propos de faire le Chirurgien, moi qui ne suis qu'un Boucher ? "
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Le Renard trahi par le Coq.
Un Paysan outré de dépit de voir ses poules égorgées par un Renard, lui tendit des pièges, et le prit. Le Coq seul fut le témoin de sa disgrâce. Le Renard le pria très instamment de lui apporter des ciseaux pour couper les filets, ou du moins de ne pas avertir son Maître qu'il était pris, jusqu'à ce qu'il eût rongé les cordons avec ses dents. Le Coq lui promit sur-le-champ de faire l'un et l'autre, quoiqu'il ne fût pas dans la résolution de lui tenir parole. En effet, il courut vers son Maître, et lui dit que le Renard avait donné dans le piège. Le Paysan prit une massue pour en assommer le Renard, qui voyant venir de loin son ennemi : " Que je suis malheureux ! s'écria-t-il, ai-je dû me flatter que le Coq me serait fidèle, après lui avoir égorgé tant de femmes ? "
--------------------------------------------------------------------------------Sommaire Esope Du Renard et du Chat.
Dans une dispute que le Renard eut avec le Chat, il se vantait d'être le plus rusé de tous les animaux, et de mettre lui seul plus de finesses en pratique que tous les autres ensemble. Le Chat lui répondit qu'il n'en savait pas tant, mais qu'il avait de bonnes griffes ; que son agilité lui tenait lieu de finesse, et le tirait de toutes sortes d'embarras. Lorsque le Renard s'apprêtait à lui répliquer, on entendit tout à coup plusieurs Chiens aboyer, et qui venaient fondre sur eux. Le Chat, sans marchander davantage, grimpa promptement sur un arbre, où il demeura en sûreté ; mais le Renard qui ne put se sauver si vite, fut pris et dévoré par les Chiens, malgré toutes ses finesses.
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Du Renard et du Loup.
Un Renard tombé par hasard dans un puits, était sur le point de se noyer, lorsqu'il aperçut un Loup sur le bord du puits. Il le pria très instamment de l'assister dans ce péril extrême, et de lui jeter une corde pour le tirer de ce puits. Le Loup plaignant sa disgrâce, lui fit plusieurs questions pour savoir comment ce malheur lui était arrivé. Ce n'est pas maintenant le temps de discourir, répliqua le Renard ; quand tu m'auras tiré d'ici, je t'expliquerai à loisir toutes les circonstances de cette aventure.