Chapitre 9 : L’Oiseau Imaginaire                
 
Les sirènes se retirent dans leurs chambres sous la mer.
 
La mer monte et lèche déjà les pieds de Peter. Pour passer le temps, en attendant, la mort, Peter fixe un papier qui flotte sur les vagues.
 
Le papier lutte contre les flots et Peter applaudit à chaque fois qu’il remporte une victoire sur la vague.
Le papier se dirige vers Peter car il n’est autre que l’oiseau imaginaire.
 
Il a appris à se servir de ses ailes comme rames et il vient pour sauver Peter en lui offrant son nid ou pourtant se trouvent encore ses œufs.
 
Dès que Peter reconnaît l’oiseau, il se met à lui demander ce qu’il fait là.
 
L’oiseau lui répond mais, comme ils ne parlent pas le même langage, c’est un véritable dialogue de sourds et chacun perd ses bonnes manières et se lance des injures.
 
Mais, l’oiseau est résolu à sauver l’enfant, sans doute à cause de ses dents de lait, ou tout simplement parce qu’elle est une maman.
 
Malgré sa fatigue, l’oiseau amène le nid à proximité du rocher et s’envole pour mieux faire comprendre à Peter ce qu’elle lui a crié pendant de longues minutes.
 
Peter prend les deux œufs dans ses mains Que va-t-il bien pouvoir en faire ?
 
L’oiseau cache sa tête sous ses ailes. Sur le rocher, se dresse un piquet.
 
Un pirate a perdu son chapeau dans la bagarre. Il est en toile goudronnée, imperméable avec un large bord.
Peter dépose les œufs dans le chapeau qui flotte. L’oiseau a maintenant un nouveau nid.
Elle descend et se remet à couver.
 
Peter quand à lui, monte dans le véritable nid, y plante le piquet et attache sa chemise en guise de voile.
 
Chacun part vers son destin en se souhaitant bon voyage.
 
Peter aborde dans un endroit où l’oiseau pourra retrouver son nid facilement.
 
Hélas pour le pirate, son chapeau a été définitivement adopté par l’oiseau.
 
D’ailleurs aujourd’hui encore, les oiseaux imaginaires construisent des nids en forme de chapeau avec un large bord où leurs petits peuvent pendre le frais.
 
La fête bat son plein dans la maison souterraine.
 
Chacun a une aventure à raconter mais, la plus incroyable, c’est que l’heure du coucher est passée depuis longtemps. Pour gagner encore un peu de temps, les enfants réclament des pansements et des bandages.
 
Cependant, Wendy n’est pas dupe et les met au lit sans tarder.
 
Le lendemain, pourtant chacun reçoit son pansement et les enfants peuvent boiter à leur aise ou porter le bras en écharpe.
 
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Chapitre 10 : Un foyer heureux  
 
Grâce au sauvetage de Lis Tigré par Peter, les Peaux-Rouges deviennent les meilleurs amis des enfants.
 
La nuit, ils veillent au-dessus de la maison souterraine pour la protéger de l’attaques de pirates qui ne manquera certainement pas d’arriver.
 
Le jour, ils rôdent dans les alentours, fumant le calumet de la paix avec l’air d’attendre des sucreries.
 
Ils ont baptisé Peter Pan le " Grand-Père Blanc " et ils se prosternent devant lui ce qui n’arrange pas son caractère.
 
S’ils vénèrent Peter, ils ont par contre moins d’égards pour les enfants qui ne sont considérés que comme de simples braves.
 
Wendy, gardienne du foyer et mère ne veut prêter l’oreille à aucune plainte contre Peter qui se fait appeler "père" par les enfants.
 
Elle-même est traitée de squaw ce qui ne lui fait pas plaisir.
 
Un soir, alors que la journée s’est déroulée sans problème, les Peaux-Rouges sont à leur poste au-dessus de la maison.
 
Les enfants prennent leur repas imaginaire et Peter est à la recherche du crocodile afin de connaître l’heure.
 
Les enfants sont particulièrement chahuteurs et le bruit est assourdissant. Chacun a à se plaindre de son voisin car il est de règle dans la maison de ne pas rendre les coups mais de dire :
- J’ai à me plaindre de "un tel" …
 
Un pas que Wendy reconnaît immédiatement s’approche. Peter arrive avec des noisettes pour les enfants et l’heure pour elle.
Un des jumeaux s’approche de Peter :
 
— Papa, on voudrait bien danser mais on aimerait que tu danses avec nous ainsi que maman.
 
— C’est samedi soir, dit l’autre.
 
Les enfants prétendent toujours que c’est samedi soir lorsqu’ils ont envie de faire quelque chose d’exceptionnel. Ils enfilent leur chemise de nuit et se mettent à danser.
 
Wendy coud, Peter se chauffe près du feu. Elle lui pose la main sur l’épaule et lui demande :
 
— Peter chéri, avec une famille si nombreuse, bien sûr, je ne suis plus ce que j’étais, mais tu ne m’échangerais pas contre une autre n’est-ce pas ?
 
— Non, Wendy, répond-il. Ses yeux qui clignotent dénotent cependant un embarras. Il interroge Wendy :
 
— C’est seulement pour faire semblant que je suis le père des enfants ?
 
— Bien sur, répond elle.
 
— Tu sais, j’aurais l’impression d’être si vieux si j’étais leur père, dit Peter.
 
— Quels sont tes sentiments pour moi, Peter ? demande-t-elle enfin.
 
Avec assurance, il lui répond qu’il a pour elle les sentiments d’un fils dévoué. Wendy avait deviné juste, il ne lui reste qu’à être sa mère ; Peter ne veut pas grandir…
 
— C’est bizarre, dit encore Peter, tu es comme Lis Tigré. Elle non plus ne veut pas être ma mère. Peut-être que Clochette acceptera…
 
La petite fée, qui a tout entendu, fait une réponse qui n’a pas besoin de traduction.
 
Wendy met au lit les enfants et leur chante une chanson effrayante ; ils se mettent à nouveau à danser sans imaginer qu’au-dessus d’eux des ombres bien plus menaçantes vont bientôt se refermer sur eux.
 
Une fois couchés, Wendy leur raconte leur histoire préférée et Peter qui déteste cette histoire, d’ordinaire quitte la pièce ou se bouche les oreilles. Mais ce soir là, il l’écoute…
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