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Page suivanteTOMMY DETECTIVE Episode 2 Regard vert en eaux troubles Par Gilbee "Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existées ne saurait être que fortuite et indépendante de ma volonté. " Cette oeuvre est en reproduction interdite sauf autorisation de l'auteur (écrire au webmestre). Tommy se prélassait dans son bain de soleil. Sa dernière enquête lui avait permis de s’offrir une semaine de vacance. Il avait fermé le cabinet et Linda était partie chez sa mère dans le petit ranch familial. Lui, avait choisit le Mexique et le repos au coin d’une téquila. La langueur des journées de farniente au bord de la piscine avaient eu raison de son envie de mouvement. L’hôtel « El Rio » est un havre de paix et de tranquillité et Tommy appréciait ce moment qui le coupait de son rythme habituel. Aujourd’hui, après plusieurs jours d’un soleil à faire fondre une poêle à paella, le ciel en cette fin d’après-midi prenait une couleur améthyste qui laissait penser à une fin de journée dans la moiteur d’une averse. Il en était là de ses réflexions lorsqu’une première goutte tomba sur son dos et déjà les belles sirènes autour de la piscine se pressaient de prendre leur serviette et de se diriger vers l’hôtel. Tommy se mit sur le dos en s’étirant. Sa silhouette élancée faisait souvent détourner le regard des jeunes filles (et même des moins jeunes) car Tommy est ce que l’on appelle un beau garçon. La trentaine, prêt d’un mètre 90 pour 88 kg de muscles fins. Avec malgré tout une petite rondeur qui laisse penser à un gourmet ou à un gourmand. Le regard d’un bleu azur pénétrant ou se mêle la malice et la douceur. Vous comprenez aisément que Tommy ne laisse pas indifférent et plait au premier regard. Pourtant, il n’avait jamais pris le temps de vivre une véritable histoire d’amour. Parfois, au fil de sa route, il avait rencontré des jeunes femmes avec qui il avait fait un bout de chemin mais cela n’avait jamais été bien loin. Il mettait cela sur le compte de son métier qui l’accaparait et empêchait une relation suivie. A vrai dire, il ne se posait pas vraiment la question car sa vie lui plaisait telle qu’elle était et lui permettait de profiter pleinement de la liberté d’être son propre patron. Mais là, en vacance, il avait pris le temps de regarder les jeunes femmes autour de lui et l’une d’entre elle arrivée la veille lui avait fait tourner le regard. Grande, brune aux yeux d’un vert délicieusement doux et brillant comme une émeraude. Tommy l’avait vu arriver au bord de la piscine comme un enfant voit à noël sa première bicyclette. Depuis, il avait croisé son regard et il semblait que l’impalpable beauté n’était pas indifférente a ces rencontres furtives. Au moment où il se levait pour prendre sa serviette, il se mit à pleuvoir, de grosses gouttes chaudes, empreintes de la torpeur de l’été. D’un coup, la pluie se mit à tomber à verse. Tommy se mit à courir, prit dans le flot des vacanciers tout en se demandant ce qui peut bien pousser à courir des gens déjà mouillés ! Arrivé à l’angle du chemin qui montait de la plage, IL rentra dans une autre serviette qui allait en direction de l’hôtel. Tommy s’excusa en ramassant le tube de crème solaire et se releva pour le tendre à son propriétaire. En levant les yeux, il sentit un frisson lui courir le long des reins. Devant lui, la belle brune le regardait, les yeux pétillants et le sourire aux lèvres. -merci dit-elle d’une voix douce ! -je vous en prie répondit Tommy ; quel temps ! hâtons nous de rentrer ! Dans cette région, les orages peuvent atteindre un degré d’intensité tel que cela ressemblait parfois à des petites tempêtes. Ils rentrèrent ensemble à l’hôtel. Dans le hall ; alors qu’il s s’essuyaient, Tommy prit son courage à deux mains -Puis-je vous offrir quelque chose à boire demanda t il ? -Pourquoi pas ! Tommy proposa d’aller s’assoir dans un des canapés du bar et alla chercher les boissons. Un fois installé, après quelques instants pendant lesquels chacun semblait chercher ce qu’il pouvait dire, Tommy lui demanda -vous êtes en vacance ? en même temps qu’il posait la question, il se sentit complètement stupide ! Est-ce-que quelqu’un qui passe son temps au bord de la piscine ou à la plage est sensé être en vacance ! -Oui mais elles sont presque terminées répondit la jeune femme. -Oh je m’excuse, je ne me suis pas présenté, je m’appelle Tommy -Et moi Barbara ! La glace était rompu, ils abordèrent alors les sujets au combien intéressants de la beauté des paysages, de la douceur du sable, etc., etc. Tommy se sentait bizarrement heureux en présence de Barbara, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas connu un moment de détente auprès d’une femme aussi délicieuse ! Etait-ce-les vacances ? Pourtant, tout à coup, Barbara se glissa au fond du fauteuil, tourna la tête et l’appuya sur le dossier comme pour se cacher. Tommy, habitué à déceler les différences d’attitudes fut surpris car il avait le sentiment qu’elle était réellement apeurée. Il regarda autour de lui sans rien laisser paraitre. Seul un homme était rentré dans le hall de l’hôtel. Il détonnait car en cette période estivale, il n’était pas courant de se promener en costume. Hormis quelques hommes d’affaire de passage qui enlevaient vite la chemise au bord de la plage. Petit, rondouillard, dans un costume gris avec chemise blanche et cravate noire. Une paire de lunettes dans la pure tradition des années 70. il faisait penser à un barbouze du style des frère Jamaisonic (épisode 1) L’homme parcourait des yeux la salle avec un regard vif et acéré qui sous-entendait un caractère dur et l’expression de son visage n’envisageait rien de bon. Il s’approcha du comptoir ou le responsable de l’accueil l’attendait. Tout en continuant de converser sur ce qu’il fallait visiter dans la région, Tommy sentait que Barbara était aussi sereine que la mère de Bambi devant le fusil du chasseur. Du coin de l’œil, il surveillait l’inconnu qui discutait toujours à l’accueil. Là où ils étaient, il ne pouvait les voir alors, Tommy proposa à la jeune femme de rejoindre leur chambre pour se changer. Celle-ci accepta, se leva, mit sa serviette sur les épaules et se dirigea rapidement vers l’ascenseur le plus éloigné de l’accueil. Alors que la porte se refermait, Tommy se tourna vers Barbara : - Puis-je vous inviter à diner demanda-t-il avec autant d’assurance que s’il marchait sur un fil à 50 mètres du sol ? - Ce soir ? - Oui, si vous le pouvez bien sur, je connais un petit restaurant dans un village voisin ! - Très bien, ce soir 20h30 mais donnez moi l’adresse, nous nous retrouverons sur place car j’ai des choses à faire avant. -Voici de quoi ne pas vous perdre dit Tommy en souriant ; Il lui tendit une carte du restaurant ; J’ai bien aimé l’endroit alors j’ai pris leur carte. A l’arrière, vous avez l’adresse et un plan. C’est un grand sourire qui lui répondit - merci Un silence passa Tommy reprit un peu gêné : -De quoi avez-vous peur ? demanda-t-il -Pardon ! -Oui, continua-t-il, j’ai bien vu que le petit homme rondouillard vous avait effrayée ! -N..on, pas du tout, vous vous faites des idées lâcha-t-elle sèchement au moment ou l’ascenseur arrivait à l’étage. -A peine la porte s’entrouvrit-elle que d’un bond, elle sortit et s’en alla vers sa chambre. - A tout à l’heure dit Tommy, convaincu qu’il ne la reverrait pas ! Il rejoignit rapidement sa chambre; Pourquoi chaque fois que je suis pépère et que je rencontre quelqu’un il y a toujours un hic pensait-il en sortant des affaires propres ! Décidé d’en savoir plus, il se changea rapidement. Le rendez vous pour le repas, si ce dernier avait lieu, était dans 3 heures au village voisin. Il avait le temps d’en apprendre un peu plus. En 2 minutes, il se retrouva devant l’ascenseur pour redescendre. Il se demandait comment il allait s’y prendre lorsque l’ascenseur s’arrêta au rez-de-chaussée ; il sortit et repéra tout de suite le type. Il prenait un verre au bar. Tant mieux, cela faciliterait la rencontre. Il alla nonchalamment jusqu’au bar et s’assit sur le tabouret à coté de l’inconnu. - Bonsoir dit-il d »une voix enjouée. -‘lut répondit l’homme qui ressemblait à une ombre ! -Quelle journée continua Tommy, heureusement la pluie s’est arrêtée ! -Ouais, heureusement fit le petit costume gris ! Tommy se dit que la partie était loin d’être gagnée mais il reprit tout de même : -C’est mieux, car, pas de soleil, pas de jolie filles en maillot ! L’homme se tourna vers lui : -Ha les jolies filles, je viens d’arriver, il y en a beaucoup ici Tommy sentait que l’hameçon descendait dans l’eau ; l’homme avait l’air ferré. -Plein, pour moi qui suis seul en vacance, c’est formidable ! -En parlant de filles reprit l’homme, j’ai une amie qui devait venir passer ses vacances dans le coin, vous l’avez peut-être rencontré ; elle est magnifique ! En disant cela il fit un clin d’œil à Tommy comme s’il y avait entre eux une vieille complicité de célibataires ! -Peut-être dit Tommy, si vraiment elle est si belle que cela, je l’ai surement vu ! Comment est-elle ? -Une brune aux yeux verts, très classe, si vous l’avez vu, elle n’a pu vous laisser indifférent.
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